Marcelle Boujot-Escourrou (1924-2018)

dimanche 27 janvier 2019

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Notre amie Alysgote nous a quittés le 17 janvier 2018, à l’âge de 94 ans.
Native de Relizane, Normalienne, elle entre, en 1940 au Lycée Stéphane Gsell. C’est la première année que les Normaliennes sont admises à poursuivre leur scolarité au Lycée. En 1943, elle y obtiendra son baccalauréat.
Elle embrasse alors la carrière d’Institutrice, avec la ferveur, les aptitudes et les grandes qualités de ces enseignantes d’Algérie toute dévouées à leurs élèves européennes et musulmanes à qui elles ont communiqué, outre le savoir, les valeurs d’une France civilisatrice et généreuse. Etre institutrice était une véritable institution comme l’a souligné une amie Alysgote, Danielle Poble-Mercier.
A cette époque, l’on sortait de l’Ecole primaire avec un solide bagage et des connaissances approfondies dans toutes les matières. On pouvait aisément affronter les Classes secondaires, de Cours Complémentaire ou de Lycée. Les élèves avaient une réelle admiration pour leurs "maîtresses" qui ne comptaient pas le temps consacré aux enfants qui leur étaient confiés, les gardant bien souvent en études gratuites, en dehors des heures officielles pour aider les enfants en difficulté. Comme cette époque est bien révolue !! Comme le disait mon père, elles avaient l’unique dessein : faire de leurs élèves des êtres accomplis, déjà bien armés pour se réaliser.

Que serait devenu Albert CAMUS sans Monsieur GERMAIN ?

Dès 1986, elle devient une fervente adhérente Alysgote.
Elle apprend alors que je suis la fille de Robert Tinthoin, son professeur d’histoire-géographie locales de l’Ecole Normale d’institutrices d’Oran, à Eckmühl. En effet, outre ses fonctions de Directeur des Archives Nationales du Département d’Oran, mon père a enseigné ces matières à l’Ecole Normale pendant 12 ans.
Très vite de chaleureux liens d’Amitié se nouent entre nous et je bénéficie très vite de toute son affection. Lors des réunions alysgotes parisiennes, Marcelle et son époux Julien - couple indissociable aux personnalités complémentaires - me reçoivent chez eux, m’accueillant comme un membre de leur famille, leur jeune sœur dirais-je. Nous partageons très vite nos vies familiales réciproques. Marcelle a un caractère bien trempé. C’est une maîtresse femme, mais avec toute l’affection et la tendresse dont elle entoure Julien, homme doux, efficace et prévenant, sans aucun sentiment de supériorité.
A leur arrivée en Métropole, ils ont dû combattre durement pour se réinsérer, face aux difficultés de toutes sortes, sans jamais s’avouer vaincus. Ils ont élevé trois enfants : deux garçons, l’un Chirurgien, l’autre Médecin Chercheur et enseignant, et une fille Pharmacien.
Si vous saviez, comme j’ai été enrichie à leur contact ! Alors maintenant qu’ils sont partis tous les deux, je veux leur rendre un vibrant hommage.
Je ne les oublierai jamais.

Odile TINTHOIN-PEREIRA da SILVA


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