Les lingères du Lycée

samedi 23 novembre 2013

Si vous étiez au rassemblement des Anciens Potaches du Lycée à Beguey-Cadillac, en avril 2006, nous avions mis à l’honneur les lingères du Lycée que tous les potaches ont bien connues . En relisant ce document écrit par l’un des nôtres , René Mancho dont la maman était lingère , je n’ai pu m’empêcher de rire abondamment ....
Jean-Paul VICTORY

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Jean-Paul
Tu vas dire que j’ai mis du temps à te répondre concernant la photo des lingères En fait, à part Madame Mass qui met la main sur l’épaule de maman je ne connaissais pas les autres lingères et j’ai mis un sacré moment pour retrouver Marcel Garguilo qui était magasinier à l’Intendance( Il vit à Port Vendres, il a 82 ans et se porte à merveille.. Hélas il ne se souvient que de la plus jeune, qui est accroupie et qui venait de se marier avec un gendarme une Kébirienne qui se nommait Christine Scotto, et de celle qui est à côté de Mme Mass un peu en retrait Mme Fuentes.
Il y avait, au sous-sol, les buandières qui lavaient le linge dans une énorme machine , et au premier, au fond du couloir de gauche que tu pourras situer mieux que moi, à coté de la classe du célèbre Maurat, la lingerie.
La lingerie avait en charge, le raccommodage et le repassage de tous les vêtements de travail des personnels, les draps et taies d’oreiller des élèves et bien sûr les trousseaux de tous les potaches, ce qui occupait la plus grande partie de leur temps.
Chaque potache avait son casier où était rangé le linge propre et repassé.
Le linge sale était trié et par une trappe allait directement à la buanderie.
Les lingères étaient cinq commandées de main de maître, c’est le cas de le dire, par l’énorme maîtresse lingère , Madame Favier qui pesait 130 kilos et qui avait du mal à se déplacer, elle avait un logement attenant à la lingerie .
Comme elle avait du mal à se mouvoir , elle trônait toujours derrière son immense bureau et passait son temps à surveiller son petit monde et à rédiger des poèmes qu’elle me faisait lire. J’ai souvenance des deux premiers vers de l’un d’eux qui s’intitulait : "Le printemps"
"Les hirondelles sont là
Elles arrivent, les voilà"
Comme elle avait la barbe drue elle se rasait et quand j’allais chercher maman, il fallait faire la bise et elle piquait, que c’est pas possible.
J’ai revu Madame Favier à Lyon où elle vivait avec Christine Scotto et son époux, elle est décédée deux trois ans plus tard, en 65/66.
Les fers à repasser chauffaient sur un immense réchaud à charbon qui vaudrait, aujourd’hui une fortune chez un antiquaire, bien sûr, position debout toute la journée et, en plus, la chaleur du charbon aux beaux jours, c’était un peu la fournaise.
Maman, n’était pas titulaire, car il fallait avoir le certificat d’études, alors à cinquante ans elle a pris des cours du soir, on la faisait réviser et elle a brillamment été reçue et titularisée en 1959, mais il a fallu qu’elle parte au lycée de Tlemcen pendant une année scolaire, puis, au retour, elle a été nommée à Ali Chekkal jusqu’au départ où elle a fini sa carrière au Lycée Edouard Herriot à Lyon avec le grade de lingère secouriste.
Madame Mass était un boute-en-train ! Sur le chemin du retour du travail qu’elle faisait avec maman, dès qu’elle voyait un agent de police, elle lui disait :
"Pardon monsieur l’agent, pour aller au marabout de Sidi Bouf moi l’cul, par où il faut passer ?"
Le pauvre agent cherchait sur son livret jusqu’à ce qu’il se rende compte que c’était une "bourlesca". Généralement l’agent le prenait bien et tout le monde rigolait. Mais un jour elles ont fini la journée au commissariat, où le commissaire bon enfant a tellement ri qu’il a levé l’amende.
Madame Mass a terminé sa carrière à Oran, au Lycée de filles, comme maîtresse lingère.
Autre anecdote, j’étais en classe chez Maurat et c’est peu de dire que l’on faisait un "bordel" pas possible, quand soudain maman a fait irruption dans la classe en disant : « Il faut vous calmer un peu parce que l’on ne peut pas se concentrer sur notre travail. »
Le silence est revenu aussitôt dans la classe.

Voila ce que je peux te dire sur les lingères tu as sûrement d’autres anecdotes en tant qu’utilisateur.
Bon courage et bonne réunion
Avec toute mon amitié.
René MANCHO

Juin 2010
Je suis Mme PARENT Joëlle née NAL, j’habite dans le Vaucluse à ST SATURNIN LES AVIGNON. Mon mail est : la-bastide-des-grands-parents@wanadoo.fr et mon tel est le 0616918237.

Je suis moi-même née a ORAN en 1960 et j’ai eu un coup au cœur lorsque j’ai vu la photo des lingères du lycée, car, bien sûr, j ai eu la grande joie de voir, sur cette photo publiée, ma grand-mère Madame MASS et les autres lingères. Je recherche des personnes qui l’ont bien connue pour me parler d’elle, si c’est possible ou m’envoyer des photos.

J’ai bien ri, concernant la boutade des gendarmes,car elle me l’avait déjà raconté . Ma grand-mère nous a quittés en janvier 2000 à l’âge de 97 ans et c’est un grand manque pour moi, car c’était une femme exceptionnelle. Je recherche donc des personnes qui pourraient me parler d’elle, si elles sont encore de ce monde.

Je vous en remercie par avance et vous adresse toutes mes félicitations pour tout ce que vous faites pour la mémoire, ça me fait du bien de savoir que des anciens nous parlent encore de ce beau pays que malheureusement je n’ai pas connu ou si peu. J’espère un jour aller sur les traces de mes anciens en ORANIE.
J’espère avoir une réponse à mon message et obtenir des renseignements sur ma grand-mère ROSE MASS.
Cordialement
Joëlle PARENT


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