Amédée Moréno (1928-2014)

vendredi 26 décembre 2014

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Notre ami et fidèle compagnon nous a quittés le 13 décembre 2014.
Il était né à Oran le 11 novembre 1928

Ecoutons-le encore une fois : " Fils d’immigrés espagnols, je suis né de parents français en 1928 à ORAN, ancienne capitale de l’Ouest algérien. J’y ai vécu et étudié jusqu’à la fin de mon adolescence. En 1947, j’ai poursuivi mes études en France, notamment à l’École Militaire d’Application des Transmissions de Montargis où j’ai eu la formation de Contrôleur des Installations Électromécaniques des P.T.T. Ma carrière militaire s’est poursuivie en Indochine jusqu’en 1951.
De retour à la vie civile et entré au service de l’Aéronautique Navale, j’ai suivi avec succès les cours du M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology), pour parfaire mes études d’électronique. Après avoir obtenu, en 1956, le titre et les fonctions de Vérificateur des Installations de Transmissions sur les Aéronefs et les Bâtiments de Surface (spécialité VHF-UHF) j’ai rejoint définitivement, en 1959, le secteur privé. Rappelé dans les réserves par l’Armée, j’ai servi comme officier jusqu’en 1960, date à laquelle j’ai créé, avec un ami, une Société d’Électronique Appliquée. Le "Vent de l’Histoire" s’étant abattu sur l’Algérie française, j’ai dû fuir après les massacres des Européens perpétrés à ORAN par les Algériens, le 5 juillet 1962. Après avoir tout perdu, je me suis réinstallé en métropole avec mon épouse et mes enfants, toujours dans ma spécialité.
En 1977, j’ai recréé une entreprise d’électronique, et pris ma retraite 12 années plus tard pour m’adonner à la vie associative mais enfin et surtout à ma passion : l’écriture. Après avoir servi bénévolement mes compatriotes en qualité de scribe et participé comme membre ou président d’Associations, tenaillé par la nostalgie de mon pays perdu, j’ai ressenti le besoin intense de raconter ma ville d’Oran et sa province, ses habitants d’origine européenne et leur façon de vivre et de communiquer. Au travers de ce véritable passeport de clan qu’est la langue dans une région déterminée, j’ai essayé en quelque sorte de perpétuer ce parler caractéristique des Oranais, et de ceux de l’ancienne province française d’Oranie."
(Extrait de Morenoran son site perso).

La première fois qu’Amédée me fut présenté, j’eus l’impression de le connaître depuis longtemps. Son visage rond et souriant, sa démarche bonhomme, me faisaient penser à ces hommes qui ont tout vu y compris l’horreur mais qui ont ce pouvoir de ne rien laisser paraître et au contraire celui de nous rassurer, de nous écouter, de nous aimer. Un bonheur n’est complet que s’il est partagé avec ceux qu’on aime avait-il coutume de susurrer car il n’aimait pas l’extravagance verbale qui nous caractérise parfois.
Amédée était bienveillance et amour pour son prochain. A chaque fois qu’il rencontrait un « pieds-noirs » son visage s’éclairait comme s’il voulait lui transmettre cette empathie qu’il avait au fond de lui pour sa chère Communauté et son Algérie souffrante. Il semblait nous dire : " O Pieds-Noirs ! Je sais, je sais, ce qui t’est arrivé, c’est injuste mais tu ne dois pas te laisser dévorer par la haine ou l’esprit de revanche. Tu dois rester digne des tiens et pour cela faire bonne figure quoi qu’il arrive ! Ce sang qui coule dans tes veines dont les origines multiples et diverses ont fait de toi ce que tu es, t’oblige à te conduire en homme et à te retenir comme disait le père de notre cher Albert Camus « un homme ça s’empêche ». Tu n’as pas à rougir de tes origines, mais aujourd’hui notre grand combat est ailleurs. LA MEMOIRE ! Nous avons le devoir de sauvegarder et de transmettre ... Sachons conserver intacts nos acquis culturels et notre individualité…La mémoire de chaque homme s’enrichit d’émotions, de joies, de tendresses, de succès ou d’échecs que la vie lui dispense tour à tour ! Nous sommes riches de nos souvenirs, même et surtout, si nous avons tout perdu. Nous devons conserver cette mémoire qui nous est si chère. C’est l’un de mes vœux les plus ardents".

Ainsi s’exprimait ou aurait pu s’exprimer notre ami Amédée. A travers ces quelques lignes vous aurez compris qui était Amédée Moréno et ce que représente pour nous tous son départ.
Ajoutons qu’il a eu des enfants avec une première femme à laquelle il était très attaché et que sa dernière compagne Lydie, qui ne le quittait plus, illumina bienheureusement ses dernières années. Lydie était sa muse et son plus fidèle soutien ; témoin de ses souffrances, elle l’a accompagné jusqu’au bout.

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A vous Lydie , à ses enfants et petits-enfants et à tous ceux d’entre nous que la disparition d’Amédée plonge dans la peine, nous vous adressons nos condoléances attristées et vous assurons de notre plus profonde sympathie.

Jean-Paul VICTORY


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